J’ai quatre ans, des lunettes plus grandes que ma tête

Je cours mon plaisir jusqu’aux obstacles

J’attrape des crocodiles

J’me prends une, deux trois tapes sur la tête

« Et vivement que l’école reprenne » dit Papa.

 

Le Grand Fougeray, novembre 2017

 

 

 

 

 

 

 

L’école est finie, courbé sur mon demi-course,

en trois coups de pédale, je passe le mur du son.

La vie prend un tournant,

            maintenant, je suis dans  la cour des grands,

je double toutes les voitures

One two free feu go, prems !

 

Nantes, octobre 2017

 

 

 

 

 

 

 

On a toutes des pantalons et des blousons.

A la pause, on se tient par la conversation.

On en bave de joie. C’est le soleil qui nous fait ça.

 

Nantes, octobre 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour arriver à survivre

dans les rues du trou du cul du monde,

j’ai décalaminé le pot de ma mob

 

La Flèche, janvier 2017

 

 

 

 

 

 

Aujourd’hui, je vois des psychopathes partout

(Je ne suis pas toujours d’humeur à être prise).

Faut dire, « t’es jolie », c’est tout de suite au lit !

A part ça je m’occupe des gosses le midi.

Ça fait du bruit mais c’est pas méchant du tout.

Et puis y a un animateur, il est BG comme beau gosse.

Ça pourrait m’mettre en mode tigresse.

 

Nesmy, juillet 2016

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vroom, vroom, cacou quéqué mimile,

Je gare mon coupé à deux pots

du côté de Mon Hôtel.

Quand je dîne ici, l’addition s’efface

aussitôt qu’elle est tapée en caisse.

C’est parce que la fortune m’a souri

qu’à vingt ans, je suis toujours imberbe.

 

Paimpol, novembre 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Assise dans le métro

Je descendrai à UNIVERSITE.

Sans même lever la tête de mon livre,

je regarde les gens de haut.

 

Pour devenir quelqu’un, il faut avoir du culot.

 

Rennes, dans le métro, octobre 2017

 

 

 

 

 

 

 

Assise dans le métro

Il y a des bouches en moi

qui demandent à être comblées.

je serre dans mes bras

les livres de mes maîtres en musico.

(Je joue de plusieurs instruments.)

Il n’y a que les hommes qui sonnent faux

 

Rennes, métro, octobre 2017

 

 

 

 

 

 

Pour retrouver des marges de manœuvre,

je frotte ma chance sur le bar,

il suffit de faire un carton, avec un jeton.

 

Allez ! Au travail !

 

La Flèche, janvier 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

Le dimanche au bord du soir,

sur la promenade en bord de rive,

main dans la main avec mon copain,

je n’imagine pas

à quoi pense l’homme derrière.

 

La Flèche, janvier 2017

 

 

 

 

 

 

 

J’ai les yeux bleus et je porte des vêtements gris.

Je ne suis ni grand ni petit.

Mon nez a grandi avec la solitude.

Je me fonds dans le paysage urbain et suburbain

humeur égale en tout temps.

 

Juste, faudrait pas m’enlever les écouteurs des oreilles,

sinon, ça irait très mal, compris ?

 

Tramway Le Mans, décembre 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je traîne dans la galerie marchande

Casquette, treillis et doudoune de mafieux

Voilà que ma mère m’appelle de Tunisie

A trente ans…c’est mon forfait

 

T’as tout compris !

 

Rezé, zone commerciale, octobre 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

Je suis accro aux Légos,

C’est pour ça qu’à trente sept ans, j’ai une légère cyphose,

mais avec barbe et monture XL,

tu vois bien, ça en impose.

Plus besoin de lire des livres.

 

Pour me rendre    to clever 

je tutoie le monde.

 

Trentemoult  juillet 2015

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans une bagnole ressuscitée du siècle dernier,

je me suicide

en grattant toutes mes cartes

jusqu’à l’interdit bancaire.

 

Place de la Mairie, Rezé, octobre 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chaque semaine, avec ma femme on se réunit

à partir des signaux faibles.

Il faut savoir mettre le clignotant à temps

sinon c’est la marche arrière.

 

Jeune père de famille

J’évite aussi de commettre des infractions.

En famille comme au travail,

J’agis, j’applique, j’évalue.

 

Zone Atout Sud, décembre 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je suis une sacrée copine de maman

Un peu déjantée, un brin négligée.

Tous les mercredis,

j’invite mon fils Blondie à manger à La Perle.

Le reste du temps, il est chez son père,

Et moi, pendant ce temps ?

Je dessine une sorte de fresque ;

La fresque de ma vie.

 

Nantes, décembre 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon fils n’arrive pas à trouver le sommeil.

Quand le jeu vidéo s’arrête, il me dit des insultes

Je lui réponds « je m’excuse, je n’ai plus de réseau »

Mais heureusement, Internet revient et il s’apaise.

Alors je lui mets les écouteurs sur les oreilles

et lui caresse le cerveau dans le sens du poil.

 

 

Dans le train au retour de Disneyland

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je craque. Putain de triporteur. Je m’suis cogné l’genoux.

J’suis dans les choux, peux plus bouger.

A 30 ans, le courage, soudain déraille.

J’ai mal. J’ai mal dormi. Les cris du bébé, de ma femme, en vrille.

Je ne suis pas qu’un héros.

L’éco entrepreneur est en panne.

Heureusement je suis arrêté au STOP.

 

 

Carrefour allée de la bourse. Nantes 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le midi à la cafet…, entre nanas, on discute d’nos gamins.

C’pas grave si j’mange les mots -par le nez.

On peut tout d’mander à son ainée.

L’ton monte, descend parce qu’il y a du nouveau

Quand j’lui demande qu’est ce qu’elle f’rait à ma place ?

 

Quand j’pense qu’on m’a appelé KIKI pendant des années.

Maintenant que j’ai mon ptit bout, c’est fini tout ça.

(Bon, mon mec, c’est secondaire parce qu’il est devenu grincheux.)

 

 

La cantine chinoise, Belleville

 

 

 

 

 

 

Entre l’apéro et l’dijo

J’ambiance une nouvelle recrue

Con -plaisante,

Il suffit de lui tailler une bavette,

saillante.

J’aime pas les gens qui font la gueule.

Moi j’ai toujours quelque chose à dire,

les silences, c’est négatif.

Ça tombe à pic, j’ai encore un appel.

Bluffée la meuf.

 

Passe moi l’sel, Rezé, janvier 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est un clown qui vous le dit

Je suis un garçon qui a grandi avec son enfant intérieur

qui se voit comme le nez au milieu de la figure.

J’ai toujours été dans la lune

Mais la rêverie a eu raison des garçons

qui me mettaient la tête sous l’eau.

Maintenant, je les fait monter sur scène

et  leur demande de faire le beau.

Un vrai dresseur ne s’énerve jamais.

AAAAAHHH !

 

Carquefou, le théâtre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maintenant que ça fait plus pédé, je porte un pull moulé

Et mes potes aussi.

Chaque année, on s’fait un plan à Marrakech

Et là, je reviens                 de la foire au vin,

on débriefe à la brasserie

Pas tant sur le coût, on s’en fout,

Sur ce qu’on a gratté plutôt.

Le plus grand des pouvoirs, c’est le pouvoir d’achat.

Sinon, je fais quoi dans la vie ?

Je brasse de l’air                           conditionné.

C’est mon entreprise.

 

Angers, Place du Ralliement, avril 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je descends à Saint Germain des prés,

telle une gazelle de vingt ans.

A cinquante ans, je suis devenue blonde.

S’ils savaient, cerise sur le gâteau, j’ai aussi…

le pubis épilé.

 

Paris, dans le métro,  avril 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

Je suis votre ami, donc on discute.

Lancez une conversation,

j’aurais le don de vous clouer le bec.

Selon la loi du plus informé a le dernier mot,

j’ai l’algorithme sur le bout de la langue.

Mon secret, la statistique au service de la vérité.

On discute, donc je suis votre ami.

 

Port Lavigne, chemin de la dune, octobre 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je suis avec ce chien depuis la mort de mon ami

et vous, vous êtes passé par là, sur le GR,

alors, sachez le,

si vous adoptez mon chien

je vous serai dévouée comme une chienne.

 

Paimpol, chemin de la Presqu’ile, novembre 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je suis une bonne sœur turbo,

dans le train, j’évangélise à trois cent à l’heure,

avec phone et oreillette,

les passagers en profitent aussi.

Par la grâce de Dieu, quelle chance !

 

En train, à la hauteur de Chartres, avril 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est en faisant à peu près n’importe quoi

 

-je me suis pris les pieds dans le tapis

en lisant « Sur la route »,

 

que je suis devenu n’importe qui,

enfin, hippie, junkie, puis impie.

 

Rezé, Passage Colder, décembre 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je ne sais pas ce qui se passera demain

même ce soir,

là, j’ambiance la place, avec mon beat

mon enceinte à la main,

je n’ai vraiment pas d’âge.

Tout l’monde me regarde.

 

Nantes, octobre 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si ma mère était la ménagère parfaite                                                       moi je nettoie tout au produit à vitres.

Vous savez quoi ?                                                                                                             Je vis seule comme une huître, avec mon chat.                                       Pour un panier de cent euros par mois                                                             je mange toujours les mêmes biscuits                                                         comme ça, je m'en lasse plus vite.

au supermarché, Rezé, octobre 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand tu m’ vois sortir du tram

avec mon dossier classeur, barbichette et vaporette,

tu peux pas savoir mec

que t’as un vrai romantique devant toi.

 

En tant que peintre, j’ai le pouvoir

de transformer la grisaille

en ciel plombé.

Les passants mutent en errant, les colombes en corbeaux,

les corbeaux -sur une ligne à haute tension !

Imagine !

C’est bien simple, le ciel, il te tombe sur la tête.

 

Nantes, arret Médiathèque, mai 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Haute Autorité de Santé, vous connaissez ?

Eh bien, c’est moi. Je suis une femme de 50 ans de petite taille

et beaucoup de projets pour faire reculer la mort. 

Je vous confie ça lors d’un petit déjeuner de travail…improvisé.

Mais je dis « on » pour valoriser mon équipe -tout fort

pour couvrir les voix de ces malades d’italiens

de passage dans cet hôtel. Mais recentrons-nous sur l’essentiel :

Le travail, c’est la santé.

Hotel O. Vannes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai peur de vieillir, alors avec mon mari,

on sort avec un autre couple,

tous les quatre dans notre SUV,

Je est nous autres.

Nos enfants sont partis pour la vie.

 

A soixante ans et plus, on bouffe trop, alors on pête et on rote

entre soi, ça nous fait rire

quand on se balade sur les chemins de campagne,

on dit que c’est un coup des bœufs,

on n’a plus rien à se prouver,

sauf qu’on est sur la pente du déclin.

 

 Du Guesclin, octobre 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le but même de ne pas  accéder

à la vue panoramique sur l’océan,

vous m’en verrez vouté car la mer,

on a beau être propriétaire d’une petite île,

et l’avoir devant soi, c’est toujours pareil.

 

Vous m’en verrez vouté

qu’à force de pratiquer le sudoku,

pour ne pas regarder ce jeu cucu à la télé

face à la baie vitrée et son paysage panoramique

Avoir la mer devant soi toute la journée, c’est toujours pareil.

 

Le Minhic sur Rance, janvier 2018

 

 

 

 

 

 

 

Avant, je me souviens,

on tirait la caravane avec une voiture,

maintenant je tracte ma voiture avec le camping car.

CHAUSSON, c'est le nom de mon camping car.

Dans mon CHAUSSON, je roule avec ma polaire

pour ne pas allumer le chauffage, sinon,

je m'endors au volant

et comme Marie-Georges dort déjà

ça pourrait faire deux morts de plus sur les routes

sans compter la brochette de véhicules

 

Route Nationale 165, à la hauteur de Mouais, octobre 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous, on voyage organisés.

On se retrouve tous à table

pour un équivalent car de quatre vingt dix places.

On nous appelle les anciens

et on force le respect par notre bonne humeur.

On a tous nos trimestres. 

On a tous tous nos trimestres

On nage dans le présent

En fait, les jeunes, c'est nous !

 

Brasserie Hotel, Chantepie, octobre 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous pensez tous que je suis assez gros

pour arrêter de manger jusqu’à la fin de ma vie ?

Vous me croisez

et vous croyez peut être que je vais vous dire bonjour ?

Je dodeline du chapeau.

Mon regard est tourné vers vous, c’est tout.

 

On n’est pas sur terre pour faire des manières.

 

Haute Indre, décembre 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dédicace de l’auteur

 

Vous savez quoi ?

Au PMU, juste au moment du quarté,

je prends mon café sous l’écran de tous les paris et

tous ces regards tournés vers moi

donnent l’impression d’être connu.

 

Entendez-vous les lamentations des parieurs

venus gagner une manche de leur vie 

alors que la course se gagne déjà dans le plus grand  désordre ?

 

Les jeux sont fait !

Je prends des notes.

 

N’importe où, n’importe quand.

 

 

 

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