Kite surf crash test

 

KS[1] CRASH TEST       Michel LE BRIGAND

 

 

Vue d’ensemble

 

Ciel nuageux cumulant les nuances, interminable, léger comme l’air au dessus de la mer, un point noir, des points en surplomb, oscillant en silence, l’aventure commence dans les yeux. Interrogation. Une certitude plane au dessus du rivage qui s’étend  et l’hypothèse confirme, haute, une aile noire et l’hypothèse infirme, basse, un oiseau de proie.

Laisser prendre une bouffée d’air en visant l’apothéose. A mesure des pas pensés, plus loin sont-ils cerf-volistes, immobilistes ou maître des cieux, la tête en l’air, se plient au hasard

des courants d’air.

 

 

De loin en loin, tout s’approche, tout s’éloigne. Chacun court pour sa couleur.

A mesure qu’on scrute, ils vont et viennent associés chacun à son berlingot concourant

au plus performant -de grâce, ils passent chaque fois de nouveau égaux presque au tour d’avant, sautant une classe, skiant par aller-retour incessamment sous peu ne bougeant que momentanément, ils auront une position adoptée pour un extra qui les portent, dos cambrés, sinon droits et ordinaires, la manette du jeu en main, filant sur une ligne, chacun son chemin, attention danger aussi à s’entrecroiser de trop pour faire son beau. Comment faire ensemble sans cracher soi même ?

 

 

 

 

Vue panoramique


Donc ils apprennent à côtoyer sans mêler ni saluer, humeur égale, saute d’humeur, cyclothymiques, sinon qu’ils se reconnaissent à leur texture, leurs insignes, leurs sauts echolaliques. Il sont assis dans l’air, une vague les renvoient ;

Sans un bruit, ils disparaissent,

hypothermiques.

 

 

Ci-dessousen vue aérienne

  

L’aile chute et se relève d’un bond. Un caillou, un oiseau parfaitement le bec dans l’eau.

Un mouchoir s’agite dans le ciel, un être renaît, un avoir l’air de partir, un avaloir plein pot rejette les turbulences. Immanence : Affronter la mer forte comme aucun marin. 

Toutes les dispositions sont prises pour être avec sa tête froide. Bien avec.

Un caractère opérationnel décidant et respectant les procédures, le présent gravement

dans les mains. Transcendance : Chaque fois qu’une crête heurtée, il en est au saut de l’ange. Courant l’ascendance, glorieux et mortel, il renvoie ses ailes devant, ne pesant plus rien.

Vu la mer dessous, il se voit sur l’écran du monde. « Oh temps suspend ton vol » L’âme reste, le corps décolle.                    Le congé fort payé.

 

 

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Il raie l’écume et racle le sable. Il laisse une signature digitale sur la vague et passe de sas en caps. Aux aguets, dans le jour plein, tapi hors les murs, ignorant pourtant l’horizon, pensée relayée par jubilation.                 La joie déferle mimique.

 

 

 

 

Ci contre         

 

Garder ou perdre le contact ? Se maintenir nu sur la surface, la projection face aux éléments, circonvolutions réussies, toutes les forces sont de sortie.

La traction est à son comble. Sous le chaos qui orchestre le ciel, un couloir soudain s’ouvre. Un goût de sel à être en vie sur cette eau. A coté, les mouettes ont l’air de petites vieilles, hydrostatiques.

 

 

 

En haut de page      

 

Le sable d’or où s’étalent les dragons masquant la fureur, feu la baie des trépassés, bienvenue au festival du vent, en toutes saisons, les garçons sur le spot chantent un tube :

« J’aime regarder les filles marcher sur la plage, la poitrine gonflée par le désir de vivre…. »

 Il sait, ils savent que la mer est trop forte. Y aller ou pas ? Ne pas s’accrocher, avancer à reculons jusqu’au front, hyperactif. Il est des méduses qui accrochent les muses restées sur la dune.

 

 

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Le  surtoilé lancé sans plus s’arrêter voit encore, les conditions durcir.

La navigation est radicale. Une figure extrême du style où quelque chose d’inéluctable arrive.  Pourquoi ne pas tirer un bord vers l’infini ? Pourquoi ne pas pousser encore

le gouvernail du ciel ?         Libérer son aile ou perdre la tête.

 

 

 

A droite           

 

 

De ce coté de la côte, se mettre sous la crête, remettre la terre à l’endroit ou l’espoir vain,  se démettre, boire la tasse, les yeux, au contact du ciel. Le balancement quelconque de quiconque. Il n’y a plus qu’à attendre sa mère. Trop d’air.

Lutter encore avec soi même.

 

 

 

Au soleil couchant, éclabousse la béance pour en achever la vacance.

La vague ! Là où elle va mousser. Hypoglycémie. Les passants croisant arcs en ciel, zappent, dérapent, tandis que bientôt, les amoureux du couché se retirent à la poursuite de leur lune.

Il ne ferait pas bon se perdre ;  La barre est là. Ne pas chercher autre chose que d’aller droit. Un instant encore, le ciel joue en surface

puis l’horizon s’efface.

 

La nuit tombée, seule aura bien du cœur.

 

 

 

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[1] Kyte surf